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Gonzalo Celorio

 
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MessagePosté le: Jeu 12 Fév - 12:39 (2009)    Sujet du message: Gonzalo Celorio Répondre en citant

Mexico, ville de papier

par Gonzalo Celorio

Chronique, traduite de l'espagnol
par Marie-Ange Brillaud


" L'histoire de la ville de Mexico est celle de ses destructions successives. Des splendeurs passées de la ville subsistent néanmoins les voix de ceux qui l'ont chantée". Ces quelques mots résument cette chronique dans laquelle Gonzalo Celorio évoque avec nostalgie, avec tristesse, non seulement les étapes successives de l'édification et de l'autodestruction de Mexico, mais aussi "la ville familiale et paisible" de son enfance : "la maison des goûters rituels et des pains bénis, le bazar, le chariot tintinnabulant du marchand de glaces, le gendarme au coin de la rue, le voleur d'enfants, le cri du vendeur de gaz"...

Directeur de la Faculté de Philosophie et de Lettres de l'Université de Mexico, Gonzalo Celorio est l'auteur de plusieurs essais et d'un roman : Amor propio. Un autre de ses ouvrages, Le Voyage sédentaire, qu'il considère lui-même comme "inclassable", a été publié à l'Atelier du Gué, dans une traduction de Marie-Ange Brillaud, et a reçu, en 1998, le Prix des Deux Océans.

Érudit et poète amoureux fervent de sa cité natale, Gonzalo Celorio raconte de quelle façon la violence, la volonté d'innover et l'incurie des hommes ont détruit la ville de Mexico, ou plutôt les villes successives édifiées par leurs aînés. Sur les ruines de la Tenochtitlan des Aztèques, détruite au cours du siège de la ville par l'armée de Cortes, les Espagnols ont édifié au XVIe siècle la ville créole, fastueuse et baroque, qui a été à son tour négligée et en partie détruite par les hommes du XVIIIe siècle, pour faire place à la cité néoclassique du vice-roi Bucarde et à ses frontons gréco-romains. Au XIX siècle, après la proclamation de l'Indépendance, l'anticléricalisme impose la démolition ou la sécularisation de nombre d'églises et de couvents, tandis que le porfirisme impose le style français pour la construction d'élégants monuments nationaux. Au XXe siècle, la période post révolutionnaire offre des murs à Diego Rivera et aux autres muralistes pour évoquer le passé de la ville et du pays, mais elle érige, au nom de la modernité, des gratte-ciel et des HLM pour faire face à une démographie galopante. Mexico devient alors cette ville gigantesque et agitée qui a atteint le plus fort taux de concentration humaine dans l'histoire de la planète, et qui vit dans la fumée noire des usines, dans le brouhaha des klaxons, de la télévision permanente et des haut-parleurs, dans le grondement du périphérique et des avions...




Mais tant de villes successivement abolies nous ont laissé des témoignages. Bernable DEL Castillo, le Chroniqueur de la Conquête, a décrit l'émerveillement des soldats de Cortes lorsqu'ils contemplèrent pour la première fois Tenochtitlan-la- Grande, cette ville amphibie construite sur la lagune et sur ses berges. "Nous disions - écrit Bernal del Castillo - que cela ressemblait aux enchantements décrits dans le livre d'Amadis ". A Tenochtitlan succéda Mexico. Cette ville créole où le baroque, par la magie du syncrétisme, se convertit en un art exubérant jusqu'à la folie, a été célébrée par Cervantes de Salazar et Carlos de Siguënza y Góngora, par Bernando de Balbuena, dans "La Grandeur mexicaine" et par Sor Juana Inès de la Cruz dans le "Neptune allégorique. La ville du XIXe siècle revit dans les œuvres de Fernández de Lizardi, de Manuel Altamirano, de Gutiérrez Nájera et de Ramón López Velarde. Plus près de nous, l'angoisse provoquée par la transformation de Mexico en une ville gigantesque, fascinante et inhabitable, s'exprime dans les œuvres de Salvador Novo, d'Alfonso Reyes ("Palinodie de la poussière"), d'Octavio Paz ("Le nocturne de San Ildefonso") et de Carlos Fuentes ("La Région la plus transparente"). Ainsi la ville du passé, la cité de l'autodestruction permanente, a-t-elle été "édifiée lettre par lettre dans la réalité persévérante de la littérature".

Cet essai passionné est offert au lecteur, dans une brillante traduction de Marie-Ange Brillaud, sous la forme d'un petit volume d'une austère élégance, orné, en noir et blanc, de fac-similés de couvertures de livres et de planches du Codex florentin Us et du Codex Mendoza.

Atelier du Gué. Éditeur.
11300 Villelongue d'Aude

Prix : 90 F.

http://perso.orange.fr/mexiqueculture


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MessagePosté le: Jeu 12 Fév - 12:39 (2009)    Sujet du message: Publicité

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