Index - FAQ - Rechercher - Membres - Groupes - S’enregistrer - Messages Privés - Connexion
Salvador Elizondo

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas Index du Forum -> ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas -> Salvador Elizondo
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Jeu 12 Fév - 12:35 (2009)    Sujet du message: Salvador Elizondo Répondre en citant

Elsinore

Salvador Elizondo
Récit traduit de l'espagnol par Jean-Luc Lacarrière
Préface de Philippe Ollé-Laprune


Elsinore est le nom d'un étrange collège militaire des États-Unis ou le protagoniste, un jeune mexicain, a été admis à la fin de la deuxième guerre mondiale. Le héros n'est nommé à aucun moment, car il se confond avec l'auteur, avec l'adolescent qu'il fut dans un lointain passé.

Mais si tardif est ce témoignage, qui pourrait s'intituler " Quarante ans après", que les normes habituelles du récit autobiographique sont altérées. A la différence des Désarrois de l'élève Tôrless, Elsinore n'est pas le récit d'une expérience, mais la reconstitution d'un passé à demi oublié par un esprit remodelé et enrichi par les apports d'une longue existence " Je rêve que j'écris ce récit" - dit Elizondo à la première page d'Elsinore Et il se voit environné de silhouettes familières et inconnues qui émergent du " lointain brumeux de l'oubli ".

Elizondo est né en 1932, cinq ans seulement après Carlos Fuentes. Bref espace de temps qui ne saurait justifier le nom de nouvelle " génération " littéraire souvent donné à Elizondo et à ses amis écrivains qui se réunissaient à la Casa del Lago. Il est néanmoins évident que ce groupe d'intellectuels a apporté des éléments nouveaux à la littérature mexicaine en remettant en question les formes traditionnelles du récit et en s'ouvrant largement aux courants étrangers. Les influences de Joyce et de Bataille sont très perceptibles dans l'œuvre d'Elizondo. Déjà. Marqué dès l'adolescence par son séjour aux États-Unis, il a étudié la langue et la philosophie chinoises et a relaté dans l'un de ses récits "L'histoire d'après Pao Cheng", l'expérience de ce philosophe qui voici plus de trois mille cinq cents ans, parvint, en concentrant tout son attention sur la carapace d'une tortue, à imaginer les grands événements de l'histoire future. Elizondo a également été influencé par les techniques contemporaines, tout particulièrement par le cinéma. Fils d'un producteur connu, il a publié, en 1963, un essai sur Visconti et a emprunté‚ au montage cinématographique la technique de la superposition d'éléments disparates. Poète, romancier, essayiste, Elizondo était jusqu'à présent connu du public français que par deux romans Farabeuf ou la Chronique d'un instant et l'Hypogée secret. (1). Elsinore est sa dernière œuvre de fiction et il s'enferme depuis plusieurs années dans un "silence littéraire"...

Elsinore est l'histoire d'un dépaysement. L'abondance des dialogues en langue anglaise et des références à la culture américaine de l'époque, - films, livres, chansons -soulignent l'ambiguïté de la position de l'adolescent mexicain immergé‚ dans un univers anglo-saxon ou la présence de la guerre est attestée par nombre de notations : blessés rapatriés par avion attendant sur leurs brancards leur prise en charge par des ambulances, jeunes filles en uniforme, familles en deuil, bagages d'officiers entassés dans le hall d'un hôtel... Mais le dépaysement est double, car le Colonel Hunter, le Directeur du Collège militaire, est aussi un grand propriétaire qui exploite son domaine avec rigueur et parcimonie en employant un nombreux personnel, exclusivement composé d'étrangers, en particulier de prisonniers allemands et italiens qui (r)ont parcouru le long trajet de la guerre depuis le désert de Tobrouk jusqu'à celui du Mojave ". Plus nombreux encore sont les immigrants




mexicains. On remarque parmi eux le duo inattendu formé par Diosdoro, un homme du nord à l'imposante stature, et son compère El Yuca, qui ne lui arrive pas au coude en dépit de ses bottes texanes à talons hauts.


Au Collège, la discipline est stricte et les corvées - marches forcées, parades, sports, exercices équestres, rondes de garde nocturnes - se succèdent de façon monotone. Cette alliance de la rigueur et de l'ennui devait fatalement faire naître en des esprits adolescents la tentation du défi, de la transgression. Le narrateur et Fred, son ami inséparable, commencent par affirmer leur indépendance en s'enivrant allégrement. Cette provocation étant passée inaperçue, les deux compagnons organisent une fugue. Pour se munir d'argent de poche, ils vendent une bouteille de whisky aux deux journaliers mexicains Diosdado et El Yuca. L'escapade se déroule sans imprévu : beuverie dans un bar, séance de cinéma plus ou moins pornographique, halte dans un beuglant ou une femme entre deux âges se livre à un triste exercice de strip-tease...

L'histoire s'achève sur une note d'humour noir. Lorsque les deux fugueurs, fiers et tremblants, regagnent Elsinore, ils trouvent le collège en moi ; mais nul ne s'intéresse à eux. Ils ne seront même pas sanctionnés. Leur défi a été occulté par une transgression plus grave, dont les protagonistes inattendus sont les deux journaliers auxquels le narrateur a vendu une bouteille de whisky. La beuverie a dégénéré en bagarre et le gros Diosdado a éventré‚ d'un coup de couteau le minuscule El Yuca.

Ce récit est présenté sous la forme d'un élégant petit volume orné en couverture d'une gravure d'Elbio Mazet. La traduction de Jean-Luc Lacarrière respecte à merveille la poésie du texte et son humour sous-jacent, ainsi que la juxtaposition des deux langues l'espagnol et l'anglais- voulus par l'auteur.


Atelier du Gué éditeur.
11300 VILLELONGUE d'AUDE

Prix : 100 F.
(1) Farabeuf et L'Hypogée secret ont été publiés en France par les Éditions Gallimard, respectivement en 1969 et 1971. Traductions de René. I.F. Durand



 


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Jeu 12 Fév - 12:35 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas Index du Forum -> ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas -> Salvador Elizondo Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB
Appalachia Theme © 2002 Droshi's Island
Traduction par : phpBB-fr.com
Designed & images by Kooky