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João Ubaldo RIBEIRO

 
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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:09 (2009)    Sujet du message: João Ubaldo RIBEIRO Répondre en citant

João Ubaldo RIBEIRO 
 
 
 
(Île d’Itaparica, Bahia, 1941). João Ubaldo Osório Pimentel Ribeiro. Après avoir été professeur de sciences politiques, puis journaliste, il se consacre essentiellement à la littérature depuis une vingtaine d'années. Auteur d"une dizaine de romans et recueils de nouvelles : Setembro não tem sentido (1968) ; Sergent Getúlio (1971) ; Vencecavalo e o outro povo (1974) ; Vila Real (1979) ; Vive le peuple brésilien (1984) ; Sempre aos domingos (1988) ; Le Sourire du lézard (1989) ; Jà podeis da pátria filhos (1991) ; Um brasileiro em Berlim (1995) ; O feitiça da ilha do pavão (1997) ; Arte e ciência de roubar galinhas (1998) ; Ô luxure ou La maison des bouddhas bienheureux (1999).

 


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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:09 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:10 (2009)    Sujet du message: João Ubaldo RIBEIRO Répondre en citant

 Sergent Getúlio 
de João Ubaldo RIBEIRO  
 
 
 
 
 
 
 
[*]Poche: 182 pages [*]Editeur : Editions Gallimard (8 Jan 2004) [*]Langue: Français [*]ISBN: 2070740536  



Éd. originale, 1971. Second roman d'un jeune écrivain brésilien, influencé par la culture anglo-saxonne, mais dont l'imaginaire est nourri de l'histoire, des luttes politiques et des mythes du continent sud-américain. Les deux héros ont partie liée: un sergent et son prisonnier traversent un petit État du Nordeste du Brésil. Chemin faisant la situation politique évolue. Préface, p. 9-13.

Sergent de la police militaire, Getúlio est aussi, comme la plupart des fonctionnaires en ces terres misérables et arriérées du sertão brésilien, à la solde d'un grand propriétaire terrien. Le voici chargé par celui-ci de conduire un « prisonnier », indésirable à ses yeux, d'un village à un autre, pour le livrer à la justice. C'est ce voyage, en compagnie du chauffeur qui conduit la vieille Hudson, que le sergent Getúlio nous raconte ici comme une épopée, en un monologue hallucinatoire. Le narrateur est un anti-héros par excellence : fanfaron, roublard, c'est un ancien déserteur et il a tué sa femme adultère. Pourtant, sa fidélité, son sens naïf du courage et sa volonté de mener à bien, coûte que coûte, la « mission » qui lui est confiée lui confèrent une dimension exemplaire : Getúlio apparaît comme l'Incarnation du destin des gens du sertão, victime et complice d'un code d'honneur qui résume les vertus, les drames et les idéaux des siens. Il finira par désobéir même à son chef, ayant fait de sa « mission » une affaire personnelle, et sera abattu par des mercenaires à la solde de celui-ci.
À travers cette équipée riche en péripéties, nous sont contés toute la violence de ces hommes primitifs, la fabuleuse nature du sertão, le climat de luttes politiques ou des vengeances personnelles qu'on règle à coups de cadavres. La voix du narrateur est ici collective. Elle emprunte son rythme et ses images à la poésie populaire traditionnelle et aux chants de la région. L'un des mérites – et non le moindre – de João Ubaldo Ribeiro est d'avoir su transmettre cette sensibilité à vif d'hommes en voie de civilisation. 




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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:11 (2009)    Sujet du message: João Ubaldo RIBEIRO Répondre en citant

 Vila Real 
de João Ubaldo RIBEIRO 
 

 
 
[*]Broché: 168 pages [*]Editeur : Gallimard (11 Fév 1986) [*]Langue: Français [*]ISBN: 2070705579



 
Vila Real (Vila Real, 1979), roman, traduit du portugais par Alice Raillard (Brésil). [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1986, 176 pages, 12.96 €  
 
Un récit de veille d'armes, figé dans une étrange attente. La naissance de l'Iliade sur les terres de la misère brésilienne, quand les combattants ne sont pas des héros, mais des miséreux en marge de l'Histoire. Une épopée des hommes du sertão qui va mettre face à face deux troupes inégales – les errants dépossédés de leur sol, de leurs moyens d'existence, de leur vie, par le Droit de Propriété, et la phalange des représentants de ce droit. Vila Real, une étape royale, une bourgade fantomatique sur les terres du Nordeste, est soudain devenue le centre d'un de ces combats de survie. Les lieux, les gens sont bien réels : des paysans démunis devenus la proie des hommes d'une société minière dont le seul but est de faire place nette. Pour les victimes, c'est « la Caravane Mystérieuse » qui arrive – et dans ce nom, dans cette rumeur, entrent les dangers de l'histoire quotidienne du Brésil et la menace qui pèse, avec une force mythologique, sur cette région du précaire.
Tout ce récit, comme ceux du cinéaste Glauber Rocha, se passe dans une zone immobile, comme restée en suspens. Le soleil y engendre des mirages, la faim des hallucinations, les mots des déshérités jamais ne s'ajustent à la rhétorique des spoliateurs. Le peuple, éternel et désorienté, s'en remet, comme dans toutes les légendes du sertão, à une grande figure, valeureuse et voyante : c'est, ici, Argemiro, l'incarnation de la Résistance. On ne connaîtra pas l'issue de l'affrontement. La légende, telle qu'on la rapporte aujourd'hui, a retenu seulement l'essentiel : les scènes esquissées, les vues parcellaires, les mots qui achoppent sur des liaisons difficiles à qui n'a pas la maîtrise du monde, les combats incertains de leur cible, l'obscure germination séculaire de la révolte, l'attente d'un peuple prêt à livrer sa bataille – et que guette la mort, peut-être une gloire lointaine. 
 


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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:12 (2009)    Sujet du message: João Ubaldo RIBEIRO Répondre en citant

 VIVE LE PEUPLE BRESILIEN 
 
 
 
Vive le peuple brésilien (Viva o povo brasileiro, 1984), roman, traduit du portugais par Jacques Thieriot. [Paris], Éditions Pierre Belfond, 1989, 554 pages, épuisé – réédition : [Paris], Éditions Le Serpent à plumes, « Fiction étrangère », 1999, 588 pages, 25.76 €

La véritable Histoire n'est pas seulement celle qui est écrite dans les livres, car « ce qui pour l'un est noir comme du charbon est blanc comme un jasmin pour un autre ». Et personne ne peut tout connaître de l'Histoire, qui est enfouie dans la conscience des hommes. Pourtant, aussi sûrement que Dieu existe dans le ciel, tout est vrai dans ce récit. Parce que, au-dessus de la baie de Salvador, sur le « Perchoir des âmes », il se trouva un jour un témoin : au cours de plus de trois cents ans de réincarnations successives, une « petite âme » opiniâtre apprit à connaître et à aimer le peuple brésilien qui est le héros de ce livre.
En 1647, pendant l'occupation hollandaise, cette âme était celle du caboco Capiroba, cannibale de son état, friand de la chair blanche et tendre de l'envahisseur. Après bien des aventures, elle remontera au « Perchoir des âmes » lorsqu'en 1939 le général Tico Macario, centenaire, rendra son dernier souffle. Au cours de ce périple, passant du moulin à sucre aux salons de Lisbonne ou de Rio, d'une partie de chasse au tatou à une cérémonie païenne, le lecteur rencontrera des maîtres et des esclaves, des poètes phtisiques et des banquiers, le perfide baron de Pirapouama, le vieil anarchiste Stalin José, les Noirs de la grande Fraternité, et surtout la très belle et légendaire Maria da Fé. 


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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:13 (2009)    Sujet du message: João Ubaldo RIBEIRO Répondre en citant

Le sourire du lezard  
 
 

[*]Broché [*]Editeur : Serpent à plumes (18 Fév 2000) [*]Langue: Français [*]ISBN: 2842610512



Un prêtre dépassé, un savant déchu, un politicien pervers, un médecin paranoïaque, un sorcier tueur à gages, quelques-uns des protagonistes de ce récit sensuel et moite situé à Bahia. Atmosphère exotique, style foisonnant, excellente traduction.

Alors qu’Angelo Marcos Barreto, médecin et politicien corrompu, apprend qu'il est atteint d'un cancer, sa jeune femme, Ana Clara, confie à son amie Bebel ses frustrations sexuelles et se lance dans une équipée amoureuse avec João Pedroso, biologiste devenu pêcheur. Cependant, le docteur Lucio Nemesio est soupçonné de s'être livré à des manipulations génétiques sur des embryons humains.
Roman prophétique, roman total, Le Sourire du lézard pose la question de l'homme et de son avenir, des turpitudes morales et sexuelles, mêle de brillantes considérations sur la foi et sur la science, et s'inscrit dans la lignée des grands romans latino-américains. 


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MessagePosté le: Mer 11 Fév - 13:14 (2009)    Sujet du message: João Ubaldo RIBEIRO Répondre en citant

O luxure, ou, La maison des bouddhas bienheureux 
 
 
[*]Broché: 203 pages [*]Editeur : Serpent à plumes (6 Sep 2001) [*]Langue: Français [*]ISBN: 2842612817




 
C'est une femme qui parle. Une jouisseuse ayant dédié sa vie à un seul objectif : aimer ; aimer tous les partenaires possibles par tous les pores de la peau. Aimer à en crever. Plutôt aimer avant de crever, si tant est que l'anévrisme du cerveau qui la menace l'amène ici à délivrer un témoignage érotico-pornographique sans précédent. Dans un écheveau d'oralités faisant feu de tout bois pour évoquer une vie entière consacrée au stupre et au don de soi, l'héroïne – dont le nom demeure secret – accouche de sa vérité au gré d'une phénoménologie de l'intime qui en laissera bouche bée (tant qu'à faire) plus d'un.
Ainsi découvre-t-on comment, initiée au plaisir par un esclave noir de la "fazenda" de son grand-père pétomane (!), cette femme, satane sodomite versus déiste innocente, s'est abandonnée entre les bras de son oncle, de son frère Rodolfo, de femmes-égéries, puis a utilisé l'éventail des subterfuges de la séduction afin d'appâter José Luis, son professeur de droit pénal, futur "servant sexuel" avec lequel elle a multiplié partouzes et orgies à tout va, entre Brésil et États-Unis. Des années trente jusqu'à nos jours.
Censément (?) retranscrit à partir de cassettes déposées devant sa porte après qu'il eut annoncé qu'il comptait rédiger un livre sur le thème du péché et de la luxure, le récit est mené de main de maître par un João Ubaldo Ribeiro au faîte de son art. Rappel de l'art de se faire "prendre en cuisses", du poids de la "virginité" dans les représentations sociales jusqu'aux années-pilule, dénonciation des faiseurs d'anges et de l'inimitié politique entre Brésiliens et Portugais, allusion au règne de la braguette, critique de "l'hymenôlatrie" : chaque page est plus féroce, plus polémique, plus aimable donc que la précédente. Emporté dans un flot de néologismes et de références littéraires ou philosophiques, Ribeiro fait tenir ces propos à son personnage logorrhéique :
Citation:
(...) un jour j'écrirai un livre délirant (...) où les mots puissent détonner en mille éclats de significations (...) je veux désenchaîner les mots.

Le romancier brésilien peut s'endormir tranquille, c'est chose faite. Et bien faite ! Tandis que les "cucuteries" littéraires d'une poignée d'auteurs mobilisent l'attention de lecteurs en mal de sensationnalisme charnel, il est stupéfiant, pour ne pas dire scandaleux (mais on le pense très fort) que personne en France n'ait encore rendu à Ribeiro les honneurs qui lui sont dus. --Frédéric Grolleau

"Je trouve stupides ou faux-jetons ceux ou celles qui se scandalisent parce que j'ai forniqué, ils ont de ces mots, avec mon frère et mon oncle, sans parler des cousins, beaux-frères et collatéraux. Je me repens de ne pas avoir couché avec mon père, aujourd'hui je le regrette, je suis sûre qu'il aurait suffi d'un attrape-nigaud classique pour y parvenir, lui aussi était normal et je l'adorais et j'aurais parfaitement pu contrecocufier ma mère, ça aurait fait du bien à toute la famille tuyau de poêle, même à l'oncle Afonso, qui sait ?". L'auteur feint d'avoir reçu un manuscrit dactylographié, celui d'une femme qui confesse, au crépuscule de sa vie, sa passion pour les plaisirs de la chair. Livre ludique, sans tabous, plein de sensualité, Ô Luxure est une ode à la sexualité libre et joyeuse où l'auteur mêle avec maestria lyrisme, ironie et réflexion...


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