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john irving

 
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larouge
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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 16:22 (2009)    Sujet du message: john irving Répondre en citant

Un roman bourré de cholestérol

Dans «Je te retrouverai», long récit autobiographique, John Irving emmène le lecteur pas à pas à la recherche du père disparu. Long et narcissique.




Titre: Je te retrouverai
Auteur: John Irving (
2 livres chroniqués)
Editeur: Seuil
Autres informations: Trad. de Gilbert Cohen-Solal et Josée Kamoun. 860 p.




André Clavel, Samedi 14 octobre 2006


«Je ne suis qu'un artisan. Je prends plaisir à construire mes romans comme un ébéniste fabrique des tables», confesse John Irving, le plus modeste des écrivains d'outre-Atlantique. Cela n'empêche pas cet ancien champion de lutte de se chauffer au bois du best-seller: Le Monde selon Garp, L'Hôtel New Hampshire, L'Epopée du buveur d'eau, Une Prière pour Owen, ces titres ont fait le tour de la planète. Tous les cinq ans, reclus dans sa thébaïde du Vermont, l'insatiable Irving se fend d'un roman qui, chaque fois, pulvérise les ventes. Son secret? Des histoires parfaitement rabotées, avec des décors qui ne changent guère: une Amérique tiraillée entre «l'œuvre de Dieu» et «la part du diable», où les désordres amoureux servent de miroir à une époque de plus en plus détraquée. «Je vois le monde comme un endroit dangereux et imprévisible», explique Irving.

Quant à ses héros les plus célèbres, Garp en tête, ils ont un point commun: ils restent inconsolables, parce que leurs pères les ont cruellement abandonnés. C'est aussi le cas d'Irving, qui n'a pas connu son géniteur. Et qui consacre à cette incurable blessure les 860 pages de Je te retrouverai, son livre le plus autobiographique: un cocktail de déballage égotiste et de catharsis à usage intime, dans un récit d'abord écrit à la première personne du singulier, puis détruit et refondu dans un moule plus romanesque - à la troisième personne.

Jack Burns, le héros, est donc l'alter ego d'Irving. On le découvre à Toronto, à l'âge des barboteuses, flanqué d'une mère tatoueuse, Alice, qui dessine des cœurs brisés sur l'épiderme de ses clients pour oublier ses tourments. Car William, son époux volage, l'a méchamment plaquée: ce coureur de jupons s'est envolé vers la vieille Europe sans donner de ses nouvelles... «Malgré ses 4 ans, Jack était déjà arrivé à la conclusion que son papa les avait abandonnés pour de bon», écrit Irving, qui amorce alors un scénario d'abord alerte, puis de plus en plus lambineur, boursouflé, caviardé de digressions ennuyeuses: couché sur son divan, Irving va nous asséner un interminable face-à-face, une auto-psychanalyse où nous devrons jouer le pire des rôles - celui du voyeur, noyé dans une mare de confidences qui tiennent plus de l'éternuement nombrilique que de l'art romanesque.

Quant à son héros, nous le suivons d'abord dans les ports d'Europe du Nord, en compagnie de sa mère, sur les traces de l'introuvable William. Puis, bredouilles, ils reviendront à Toronto et le petit Jack entrera à Sainte-Hilda, une école essentiellement composée de fillettes, où il aura droit à ses premières gâteries sexuelles en guise de bizutage. Avant d'être victime, à 11 ans, des assauts d'une quadragénaire en chaleur - dans les interviews, Irving dit ne s'en être jamais remis. La suite? Un film au ralenti (à la page 400, Jack n'a que 23 ans!) où il ne nous épargne rien, ni ses appareils dentaires, ni ses blennorragies, ni ses problèmes de braguette, ni cette copine dont l'étrange manie consiste à lui empoigner le zizi sans qu'on sache vraiment ce qu'elle a l'intention d'en faire.

Tout ça se mord la queue, si l'on peut dire, et il faut une sacrée patience pour dénicher les bons passages dissimulés dans ce vrai-faux roman. Ceux où Jack s'agrippe au fantôme d'un père en cavale. Ceux où il évoque sa rencontre avec Emma, une jeune consolatrice qui rappelle Melony, la «vandale des dortoirs» de L'Œuvre de Dieu, la part du diable. Et ceux où il raconte pourquoi le métier de comédien lui servira de rédemption: se glisser dans la peau d'un autre permet à ce fils de tatoueuse d'oublier que sa propre peau est marquée à vie, par l'encre noire du chagrin.

«L'existence n'est pas un scénario écrit à l'avance; l'existence, c'est l'impro», lâche à un moment Irving. Même s'il a mis sept ans à remplir sa barrique, on a l'impression qu'il a passablement improvisé, lui aussi. Et qu'il avance à tâtons, comme dans une partie de colin-maillard. Sur les photos, cet adepte des clubs de gym exhibe un corps d'éphèbe, sans le moindre poil de graisse: ce n'est pas le cas de Je te retrouverai, un roman qui carbure au cholestérol.


www.letemps.ch




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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 16:22 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mar 10 Fév - 16:23 (2009)    Sujet du message: john irving Répondre en citant

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