Index - FAQ - Rechercher - Membres - Groupes - S’enregistrer - Messages Privés - Connexion
macedonio fernandez

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas Index du Forum -> ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas -> macedonio fernandez
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:25 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

 

Macedonio Fernández (Argentine, 1874-1952)

Philosophe, poète et romancier, Macedonio Fernández (1874-1952) est né et mort à Buenos Aires. Esprit libre, il aura passé la plupart de son temps à rêver, à écrire et surtout à penser. Il fut l'ami de Ramón Gómez de la Serna lors de son exil argentin et de Jorge Luis Borges qui, dans son éloge funèbre, déclara l'avoir imité « jusqu'à la simple transcription, jusqu'au plagiat passionné et plein de dévotion ». Jusqu'à la mort de sa femme, Elena de Obieta, vingt ans après leur mariage,
Macedonio Fernández exerça la profession d'avocat. Ensuite, après avoir abandonné son foyer, ses quatre enfants et renoncé à son activité professionnelle, il vécut, de 1920 jusqu'à sa mort en errant de pensions de famille en hôtels et d'hôtels en maisons d'amis ou de parents, publiant peu mais laissant derrière lui des piles de manuscrits achevés ou non.  

 








 Les historiens de la mystique juive parlent d'un type de maître appelé Daddik dont la doctrine de la Loi est moins importante que le fait qu'il soit lui-même la Loi. Il y avait quelque chose du Zaddik chez Macedonio. En ces années-là, je l'imitais jusqu'à la simple transcription, jusqu'au plagiat pasionné et plein de dévotion. Je ressentais Macedonio comme étant la métaphysique et la littérature. Ceux qui l'ont précédé ont pu resplendir dans l'histoire, mais c'étaient des brouillons de Macedonio, des versions préalables et imaprfaites. Ne point imiter cette norme aût été une incroyable négligence.
     Définir Macedonio Fernández semble une entreprise impossible ; cela revient à définir le rouge en des termes qui appartiennet à une autre couleur. Je pense que l'épithète génial, par ce qu'elle affirme, par ce qu'elle exclut, est peut-être la plus juste que l'on puisse trouver. Macedonio se perpétua dans son œuvre, au centre d'une affectueuse mythologie. L'un des grand bonheurs de ma vie, c'est d'avoir été l'ami de Macedonio et de l'avoir vu vivre. 



     Jorge Luis Borges (extrait du texte de présentation de Ellena Bellemort)

     Le maître de Borges
     Macedonio Fernández passa sa vie à se méfier des vérités acquises
     à imaginer l’envers du monde tel que le langage l’a forgé

     Qui est-il, au vrai, Macedonio Fernández, cet Argentin disparu il y a une quarantaine d’années, et que Borges, non sans quelque raison, appelait son maître, le désignant comme l’homme le plus extraordinaire qu’il eût jamais connu ?
     Pour s’en faire une idée, il faudrait d’emblée citer le début de son Autobiographie, laquelle fait partie du présent ouvrage et ne compte pas plus de trente lignes : “L’univers ou la Réalité et moi naquîmes le 1er juin 1874, et il est facile d’ajouter que les deux naissances se produisirent près d’ici et dans une ville de Buenos-Aires. Il y a un monde pour chaque naître, et le pas naître n’a rien de personnel, mais signifie tout simplement que le monde n’est pas. Naître sans le trouver n’est pas possible : on n’a jamais vu un moi se retrouver sans monde à la naissance, ce qui m’induit à croire que c’est nous-mêmes qui apportons la Réalité qui s’y trouve, et qu’il n’en resterait rien si effectivement nous mourions, comme certains craignent.”
     Des faits plus concrets ? Macedonio fit des études de droit et, son doctorat obtenu, il n’exerça sa profession de juriste que pendant quelques années. Il s’est marié très jeune, sa femme lui donnant quatre enfants : devenu veuf, en 1920, il les confia à sa famille. Ne disposant que de notions d’anglais, il entretint cependant une correspondance assez nourrie avec William James – l’une de ses marottes étant, à l’époque, la possibilité de dévoiler, dans les labyrinthes de la matière, le "substrat atomique du Moi". Enfin, il vécut presque toute sa vie dans de modestes pensions, soit dans la capitale, soit en province, en la seule compagnie de sa guitare et de quelques cahiers que, une fois remplis de ses méditations, il s’empressait d’abandonner derrière lui lorsqu’il changeait de domicile, puisqu’il soutenait – Borges le lui entendit dire – que supposer que l’on peut perdre quelque chose est de l’orgueil, l’esprit humain étant si pauvre qu’il est condamné à trouver, perdre et redécouvrir toujours les mêmes perplexités et les mêmes métaphores. Or, en dépit de ce réel détachement à l’égard de sa littérature – qui touche aussi bien à l’essai qu’à la poésie et au roman ou, plutôt, et avant la lettre, à l’anti-roman –, son œuvre complète, dont la publication ne commença que plus de vingt ans après sa mort, compte une dizaine de volumes. À leur sujet, il convient tout de suite d’observer que pas un des titres qui les composent ne saurait donner en lui-même une idée exacte du génie de Macedonio – peut-être parce que Dieu lui avait donné tout juste du génie, négligeant de lui accorder du talent et l’ambition de faire une œuvre.
     Ainsi, et bien que depuis fort longtemps des universitaires européens et américains se penchent sur son "cas", l’étonnant Argentin n’était traduit que de façon très fragmentaire – en français, en anglais, en allemand, en italien, en polonais… – avant que Silvia Baron Supervielle ne propose, hier, les poèmes d’Elena Bellemort et autres textes (José Corti, 1990), et, aujourd’hui, les Papiers de Nouveauvenu. Et, soit dit par parenthèse, on ne saurait assez vanter le labeur intrépide de la traductrice, si l’on songe à la véritable guerre que, par moments, se livrent le français et la langue de Macedonio, lequel passa sa vie à se méfier des vérités acquises : à imaginer l’envers du monde tel que le langage l’a forgé.
     Cela le poussait à abonder en paradoxes – ce rire de la pensée, cette écume au sommet de la vague de la philosophie. De sorte que si l’on essaye d’isoler, dans ses pages scrupuleusement illogiques, des assertions, celles-ci paraissent se réduire à de simples plaisanteries. Et pourtant, on n’est pas loin des jeux de mots – des nonsense si chargés de sens – d’un Lewis Carroll quand, par exemple, à propos d’une salle de conférences désertée par le public, Macedonio insinue que s’il y avait eu encore un absent, il n’aurait pas trouvé de place. Ou, dans le cas contraire, que l’assistance était si grande que même les non-présents s’y trouvaient.
     Aussi, lorsque, en parlant d’un ami de très haute taille, il le décrit "si grand que sa tête pourrait buter contre son chapeau", ajoutant qu’ "il atteint le sol avec les pieds", et que c’est là que commencent leur amitié et la possibilité de se comprendre. Il détestait les monuments publics parce que, dit-il, ils représentent presque toujours "des hommes portant un pardessus grec ou une ample lévite en marbre", tout en soutenant que chaque ville se doit de posséder une statue en l’honneur de l’inventeur du côté droit et du côté gauche, de ceux de l’avers et du revers, "distinction à laquelle seuls les trous se dérobent". N’oublions pas qu’il conseillait de ne rien entreprendre aujourd’hui, "car l’avenir est plein de choses prêtes, tellement préférables, et doit d’ores et déjà se trouver très proche, après tant de Passé". Mais sur un mode plus grave, Macedonio observe que toute situation ressentie, "pour insignifiante en durée ou en intensité qu’elle soit, représente la totalité de l’interrogation de la métaphysique". Ce qui n’est pas sans rappeler Wilde, selon lequel, à chaque instant de sa vie, chaque homme est tout ce qu’il a été et tout ce qu’il sera. Enfin, au sujet d’une personne inconnue dont il feignait de rédiger l’impossible biographie, Macedonio disait que, de savoir qu’il fût possible d’ignorer autre chose d’elle, il ne consentirait pas à ce qu’on le dépasse dans l’ignorance qu’il avait patiemment accumulée à son sujet, ni dans la promptitude à la diffuser…
     C’est ce sentiment d’ignorance, mais, en l’occurence, involontaire et sans allégresse, que le chroniqueur partage, ici, alors qu’il aurait tant souhaité donner un aperçu de l’œuvre de Macedonio Fernández, susceptible d’entraîner le lecteur à la découverte d’un écrivain entre tous rare, entre tous solitaire : d’un Grec arrivé trop tard en ce monde – les astres ayant parfois de ces distractions –, qui aurait manqué d’interlocuteurs pour empêcher la dispersion de ses soliloques. D’un homme qui, seul avec lui-même, et tout en répugnant de se sentir quelqu’un, un monsieur muni de papiers d’identité, ne tenait qu’à être "soi". Et qui, comme Monsieur Teste – mais légèrement plus réel que ce personnage fait de mots, et, avec une sorte de bonheur négligent –, s’obstinait, en jouant de la guitare, dans les longues tenues sur les cordes, à répéter, à marteler les quelques questions qui auront toujours hanté l’esprit des poètes, des philosophes : la réalité, l’être et le non-être, le langage, l’origine des sentiments, le sens de la souffrance dans l’économie du monde… Sans attendre la récompense d’une réponse : pour le plaisir socratique de penser.
     Hector Bianciotti, Le Monde des livres, 10 avril 1992


     Macedonio Fernández fut longtemps pour moi le personnage d’un livre de Borges, qui, comme chacun sait, avait le don de transfigurer en légende les être en chair et en os avac lesquels il entretenait des liens d’amitié. Je l’imaginais évoluant dans un conte borgésien tout en me souvenant de certaines phrases comme “être Macedonio Fernández” ou “avec une indifférence et une voix de Macedonio Fernández répétait...” sorties plus vraisemblablement d’unepréface ou d’un vers de Borges, jusqu’au moment déjà lointain où, en feuilletant l’Anthologie de la Poésie Argentine de Raúl Gustavo Aguirre, j’eux la fortune de tomber sur des poèmes dont le personnage de légende était l’auteur.
     Silvia Baron Supervielle, préface de Elena Bellemort et autres textes. 
Bellemort et autres textes.

http://www.jose-corti.fr/auteursiberiques/fernandez-macedonio.html


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:25 (2009)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:25 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

ADRIANA BUENOS AIRES
de : Macedonio Fernandez

 
Editeur(s) : José Corti

Genre : NOUVELLES
Date de Parution : 19/01/1996


Texte d'origine espagnole traduit par Mirianne Millon

Présentation : Broché - 314 pages - 250 g - 12 cm x 19 cm
ISBN : 2714305687 - EAN : 9782714305688


Un triangle amoureux: le narrateur, 45 ans, amoureux d'une jeune fille de 19 ans éprise d'un jeunne homme de 23 ans. Un roman de 1922 que Borges avait beaucoup aimé.


Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:27 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

Cahiers de tout et de rien (Broché)
de
Macedonio Fernández  



 
 
 
Suite de réflexions, d'aphorismes, de notations. L'humour et le sens de l'absurde de cet écrivain argentin étaient admirés par Borges.


Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:29 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

Papiers de Nouveauvenu et continuation du rien (Broché)
de
Macedonio Fernández


 
Petit ouvrage important pour connaître ce maître de Jorge Luis Borges. Série d'écrits de circonstance où éclatent le paradoxe, la méfiance des certitudes, l'imagination libre. Un véritable exercice intellectuel dans une constante atmosphère d'humour et de jeu.


Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:29 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

L'état de veille où l'on se trouve (Poche)
de
Macedonio Fernandez

 
 
Il s'agit d'une méditation sur le rêve et la réalité. L'auteur y prend au sérieux la célèbre formule de Calderón : « La vie est un songe », et élabore la métaphysique idéaliste que celle-ci appelle. Si la vie est un songe, comment dès lors distinguer rêve et réalité ? Y a-t-il même encore lieu de le faire ? A partir d'une remarque de Hobbes (dont l'auteur imagine dans un chapitre particulièrement burlesque qu'il vient le consulter à Buenos Aires), à travers une critique de Kant (le livre contient un commentaire de quelques pages de La Critique de la raison pure intitulé : « Il est parfaitement légitime de dire du mal de Kant ») et de Schopenhauer (qui, tout comme Hobbes, rend visite à l'auteur avec qui il devise en buvant le maté), l'auteur donne sa réponse à la question métaphysique des rapports entre rêve et réalité qui est peut-être la question par excellence de la métaphysique.
Du même auteur : Elena Bellemort (José Corti, 1990), Papiers de Nouveau venu et continuation du Rien (José Corti, 1992), Musée du roman de l'Eternelle (Gallimard, 1993), Cahiers de tout et de rien (José Corti, 1996), Adriana Buenos Aires (José Corti/Unesco, 1996).



 


Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:29 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

   
LE MUSEE DU ROMAN DE L'ETERNELLE
de : Macedonio Fernandez

 



Le fils de l'auteur a consacré quinze ans de sa vie à reconstituer le manuscrit de ce livre, éparpillé volontairement par l'écrivain peu avant sa mort. Musée de l'imaginaire, ce roman est un autel dressé, pendant un demi-siècle, à l'amitié, à l'esprit, à la passion.

Traduction de l'espagnol par Jean-Claude Masson.



Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:30 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

ELENA BELLEMORT
de : Macedonio Fernandez

 
La majeure partie des poèmes de Macedonio Fernández rassemblés sous ce titre sont consécutifs à la mort prématurée, en 1920, d'Elena de Orbieta, épouse de Macedonio, lequel ne se remettra jamais vraiment de sa disparition. Ils sont en quelque sorte, ces poèmes, l'intime conjuration réitéré d'un homme soudain placé devant une réalité insoutenable. Le chemin qu'il aura le plus assidûment partiqué [pour dénier ce vide] reste celui de la parole poétique, celle qui permet de concilier les contraires, d'affirmer que « Mort est Beauté », qu'elle est même la « Beauté d'Amour », et que la puissance de celui-ci finit par imposer sa loi, « car Mort gouverne Vie ; Amour, Mort. » (Jacques Fressard, La Quinzaine littéraire, 1990.)

Traduction de l'espagnol par Silvia Baron Supervielle.


Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:32 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant





CAHIERS DE TOUT ET DE RIEN


Le 03 Mai 1996

Les « grâces » de Macedonio Fernandez
   Freud parachevait une nouvelle carte de l'âme ; Valéry cherchait à fixer les lois de la sensibilité ; Proust entreprenait son voyage vers le temps perdu ; Joyce jouait à être Adam distribuant leur nom véritable aux choses. Kafka, sur un ton mi-tragique mi-comique, prophétisait les cauchemars du siècle, etc. Et là-bas, de l'autre côté du jour, en Argentine, dans une pension de Buenos Aires ou de la pampa la plaine des plaines dont seule l'imagination et le souvenir perçoivent l'immensité que le regard ne réussit pas à embraser , un avocat, Macedonio Fernandez, qui a renoncé à exercer sa profession, consacre tout son temps à la spéculation pure, à la littérature et à l'amitié.
    Il écrivait sans cesse, mais il abandonnait derrière lui, dans les chambres de fortune où il avait séjourné, des tas de feuillets noircis, sous prétexte que l'esprit humain est condamné à découvrir, oublier et redécouvrir les mêmes réponses pour les mêmes interrogations. Macedonio soutenait que tout un chacun peut arriver par ses propres moyens à déceler le sens de l'univers, à condition de parcourir les dédales que l'intelligence lui propose pour le bonheur de les parcourir. Et l'on peut dire qu'il a moins imité les ouvrages au reste, peu nombreux qu'il avait lus, qu'il n'a réinventé la pensée de Schopenhauer et de l'Inde, ou l'idéalisme transcendantal de Berkeley : la première phrase de son « autobiographie » « L'Univers ou la Réalité et moi naquîmes le 1er juin 1874... » , n'est-elle pas un hommage à la philosophie de ce dernier ?
    Poète ou romancier ? Romancier ou humoriste ? Humoriste ou métaphysicien ? « Le plus grand métaphysicien du rio de la Plata », décréta une voix autorisée, celle d'Ezequiel Martinez Estrada. « Le seul... et le dernier », ajoutèrent certains, corroborant, non sans ironie, le jugement. Au vrai, Macedonio est tour à tour l'un ou l'autre : il lui semblait vain de vouloir s'enfermer dans un genre, et vain de vouloir enfermer dans un livre ce qui est dérive, conflit entre le « moi » et la « personne » l'inconscient n'étant pour lui que l'hostilité des autres « moi », spoliés au bénéfice du moi social, détenteur de papiers d'identité.
    Aussi, il se refusait à publier ses écrits hormis, à la demande de ses amis, quelques miettes d'une oeuvre qui, peu à peu reconstituée, allait compter, au lendemain de sa mort, une dizaine de volumes. On songe au mot de Michaux : « Si tu traces une route, attention, tu auras du mal à revenir à l'étendue. »
    Si n'être pas quelqu'un pour les autres est proprement impossible, il n'en reste pas moins que la réticence du poète-métaphysicien à publier à « paraître » a fait de lui, plus qu'un créateur, une sorte de « vénérable » pour lequel la vraie culture est différente des connaissances livresques, et commence avec l'oubli ; et qui, comme Pascal, croyait que « toute notre dignité consiste en la pensée ».
    Sa première traductrice, Silvia Baron Supervielle (1), avouait que Macedonio avait été pour elle, longtemps, un personnage de Borges. Borges, qui le considérait comme son maître, soutenait qu'essayer de le définir était une entreprise impossible. Aujourd'hui, c'est le « disciple » qui nous éclaire et enrichit notre lecture du « maître ».
    Vers 1922, celui-ci conçut le projet d'écrire le dernier roman mauvais « S'il est mauvais, il ne sera pas le dernier », aurait dit Borges, et, en même temps, le premier roman appartenant au « genre du bon roman ». Le premier : « Une oeuvre d'imagination débordant d'événements à en faire éclater la reliure si précipités qu'ils [commencent] dans le titre pour être sûrs de figurer dans le livre. » Le second : un récit qui se fait en cachette du lecteur, par une succession de préfaces, qui soudain s'échappe dans la rue avec tous ses personnages, ou bien qui est écrit par ceux-ci, voire lu par les créatures d'un autre roman...
    Ainsi sont-ils nés, Adriana Buenos Aires, parodie des romans-feuilletons, et Musée du Roman de l'Eternelle (2), nourri, quasiment, d'une vie purement « linguistique », et qui est une manière de chef-d'oeuvre. On peut être ébloui, mais également irrité par le côté « farce » de Macedonio ; par l'ingéniosité appliquée et les proverbes captieux du causeur : « Plus on vit, plus il est probable que l'on soit mort tôt, parce qu'on a eu plus de temps »... « Il était tellement parfait qu'on ne remarquait pas d'autre erreur chez lui »...
    Mais, dans ses livres désordonnés, dans les digressions qui les composent, un germe d'universalité frémit toujours. Macedonio observe, par exemple, que l'art a horreur de l'authenticité, qu'il est né pour « faire oeuvre de conscience, non pour faire oeuvre de vie » ; que la métaphore « authentifie ce qui est ressenti non par moi [par le poète], mais par l'autre » ; que n'importe lequel de nos états d'âme « peut être un souvenir d'avant notre naissance, et même « préconceptionnel » ; que les plus joyeuses envolées de l'Invitation à la valse, de Weber, ou la cadence sombre de la Marche funèbre, de Chopin, entraînent un pareil sentiment de plaisir, alors qu'une musique évoque le bonheur, et l'autre la tristesse...
    Si ces aperçus semblent peu de chose au lecteur, il ne doit pas oublier que la pensée ne peut se développer que dans les interstices, les lacunes d'un système d'affirmations catégoriques ; et que le penseur est celui qui convaincu que plus on écrit, moins on pense « vit » volontiers dans ces lacunes, où tout à coup un éclair trace les mots d'une question, telle celle-ci, étonnante et souveraine : « Quand l'ombre de quelqu'un se projette sur le feu, qu'arrive-t-il à la poésie ? »
    Comment, si l'on accueille ces mots, si on les fait siens, ne pas sentir qu'ils nous rapprochent du lieu où ce que depuis toujours on a ardemment désiré se tient en attente ?
    Il y a de ces « grâces », chez Macedonio...
   

HECTOR BIANCIOTTI 



Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:33 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

LE MUSEE DU ROMAN DE L'ETERNELLE
de :
Macedonio Fernandez
 





Le 22 Octobre 1993

Macedonio Fernandez et l'ombre des choses
   Excepté quelques petits fragments _ qui suffisaient déjà à donner le " la ", la teinte, la couleur de son inspiration _ publiés au cours des années 60 dans la revue les Lettres nouvelles, ce n'est que quarante années après sa mort, survenue en 1952 _ alors qu'il était quasiment octogénaire _, que l'Argentin Macedonio Fernandez a commencé d'être traduit en français. Comment s'en étonner ? De son vivant, ce n'est que poussé par des amis qu'il avait fait paraître quatre minces volumes d'une oeuvre dont la publication s'achève maintenant, et qui en comptera onze.
    Macedonio est né en 1874, à Buenos-Aires, " la première ville qui sort immédiatement de la campagne " _ de ces pampas inépuisables où, disait-il, il ne fallait pas se croire à l'abri si l'on se trouvait derrière une haie : d'un côté ou de l'autre de celle-ci, on se trouvait également dehors. Des gauchos y passaient-ils de temps en temps ? Ce n'était que pour l'amusement des chevaux.
    Pour Borges qui, sa vie durant, l'appellera le maître _ ce qui tend à démentir la fatale supériorité de celui-ci sur le disciple _, Macedonio était une sorte d'Adam qui aurait pensé, et résolu, au paradis, les problèmes fondamentaux : il était difficile d'être historien et, encore plus, archéologue ou théologien au septième jour de la Création.
    Toujours selon Borges, Macedonio était passé maître dans l'art de ne rien faire et de rester solitaire, ne vivant que pour penser ; écrivant pour mieux le faire, mais n'emportant jamais les manuscrits lorsqu'il changeait d'appartement ou, le plus souvent, de pension. Ecrire n'était, pour lui, que formuler d'une façon nouvelle ce qui avait déjà été dit : on finissait toujours par découvrir que les seules énigmes étaient la souffrance et la mort, et qu'être un redécouvreur n'avait d'importance que pour soi-même. Il ne croyait pas à la superstition de l'originalité, qui afflige nos contemporains, et le principe du copyright lui paraissait saugrenu.
    Aussi les angoisses du style lui semblaient-elles vanité, et toute publication consentie, un accident préjudiciable à la réflexion. Insouciant de lui-même, il aurait voulu n'être personne, comme Ulysse, mais, dans son cas, pour essayer de dévoiler, en marge de l'univers, le mystère de celui-ci en toute objectivité. Il en rêvait comme du fruit suprême de sa solitude : " Qu'importe ce que je suis, moi ? Contentons-nous de ce que toute beauté soit en elle. "
    Au fond, le but de Macedonio était l'identification de la réalité avec l'expérience la plus intime de la conscience. Cela dit, tout convaincu qu'il fût que la sensibilité ne renseigne que sur elle-même, et que si l'on croit que l'émotion renseigne sur ce qui la provoque on n'est pas un artiste, mais un métaphysicien, il ne put s'empêcher d'être et l'un et l'autre _ même si la seule chose qui lui tînt vraiment à coeur ne consista en rien d'autre que dans l'art et l'amour.
    Il n'est pas interdit de penser à Valéry (à qui, physiquement, il ressemblait, et qu'il considérait comme un " jongleur de scrupules ") _ Valéry qui disait : " Il me manque un Allemand qui achèverait mes idées. "
    La mort avant la vérité
    Comme tout un chacun _ et comme on l'a déjà dit _ il se heurtait à deux faits têtus, inéluctables : la souffrance et la mort. Aussi, convaincu dans son for intérieur " que l'on trouve toujours la mort avant la vérité ", rêvait-il d'être " l'Artiste " _ lequel " se soucie même de l'ombre des choses pour que le jour ne les abîme pas " _ et de " vivre dans une " semi-clarté ", une " semi-action ", à " mi-veille ", sans reconnaître tout à fait les événements et les états, car, en dehors de la passion, la probabilité dominante est la souffrance ". Ce qui, au fond, le fascinait dans l'art, c'est que la finalité de celui-ci " est la fin de la vie : de l'individuel en elle. (...) Etre encore un autre en faisant tout pour un autre ".
    Ce Musée du roman de l'éternelle _ que l'on saurait difficilement apprécier si l'on n'a pas lu les Papiers de nouveauvenu suivi de Continuation du rien (1) _, Macedonio commença à le rédiger vers sa trentième année, le reprenant vingt ans plus tard, et encore une fois _ ce fut son work in progress _, un an avant sa mort. Composé, pour le principal, de préfaces, on ne peut assurer qu'il l'eût considéré achevé puisque, à la fin, lorsque la vie s'apprêtait à souffler les bougies, il mélangea les feuillets _ que son fils, Adolfo de Obieta aura mis près de vingt ans à ordonner. (A cet égard, il y a du Pascal dans son désordre.) Il aurait sans doute déplu à Macedonio d'apprendre que, ce faisant, il courait le risque d'être, un jour, rangé dans quelque secte d'épigones du nouveau roman...
    Or, le Musée, ce fut le seul livre envers lequel il éprouva de l'attachement, car, en dépit de ses innombrables déménagements de pensions en garnis, la masse de feuillets retrouvés l'accompagna toujours, avec son rasoir intermittent, son poncho, et cette guitare amie sur laquelle il jouait, de sa main lente, des morceaux de son invention pour tenir compagnie à ses pensées. Schopenhauer, dit-on, jouait chaque jour toutes les partitions de Rossini connues à l'époque, dans leur version pour flûte, mais, lui, pour oublier sa philosophie...
    Et c'est ainsi que l'artiste philosophe, qui aimait à cultiver le paradoxe _ cette manière du rire qui renverse à la fin tant de sévères cogitations _ autant qu'à fournir un sens aux non-sens, nous a laissé cet ouvrage qui résume sa vie de " chevalier-non-existant ", tel qu'il s'était voulu. Fiction, journal intime ou, plutôt, " ex-time ", " ricercare " méditatif et raisonneur, livre d'heures, théorie de la littérature _ et en particulier du roman : " Des personnages que j'ai écartés, on pourrait dresser une longue liste ; en matière de lecteurs, j'écarte une seule catégorie : le lecteur de dénouements ; le procédé qui consiste à livrer tout le contenu en pure substance, et la fin par anticipation, me garantira de ne plus le voir rôder dans les parages. "
    Or, dans son chaos magnifique, ce Musée _ considéré comme impossible à traduire et dont la réinvention en français, par Jean-Claude Masson, ne fait pas regretter l'original _ est, par dessus-tout, un ouvrage amical : l'un de ces livres qu'il suffit d'ouvrir à n'importe quelle page pour y puiser du réconfort, sourire, s'étonner, rire par instants aux éclats, être saisi par quelque sentence à la saveur antique, et qui trouvera sans peine le chemin de notre mémoire pour s'y nicher durablement ; ou par ces mots que le coeur a souvent du mal à trouver, et dont la justesse saura atténuer, sinon guérir, notre chagrin (ne serait-ce pas là l'ambition secrète de toute littérature ?). Telle cette ligne dont le traducteur-poète embellit l'agencement : " Il n'est point de beauté qui ne procède de la mort, ni mort qui d'amour ne procède. "
    On peut supposer que, sur ces mots, ce don de l'Esprit, Macedonio plaquait quelques accords mélancoliques lorsqu'il prenait sa guitare. Nous croyons, en tout cas, les entendre.

BIANCIOTTI HECTOR 



Revenir en haut
larouge
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 05 Fév 2009
Messages: 415

MessagePosté le: Lun 9 Fév - 16:35 (2009)    Sujet du message: macedonio fernandez Répondre en citant

 
 
PAPIERS DE NOUVEAU VENU ET CONTINUATION DU RIENMacedonio Fernandez


Le 10 Avril 1992

Le maître de Borges
   Qui est-il, au vrai, Macedonio Fernandez, cet Argentin disparu il y a une quarantaine d'années, et que Borges, non sans quelque raison, appelait son maître, le désignant comme l'homme le plus extraordinaire qu'il eût jamais connu ?
    Pour s'en faire une idée, il faudrait d'emblée citer le début de son " Autobiographie ", laquelle fait partie du présent ouvrage et ne compte pas plus de trente lignes : " L'univers ou la Réalité et moi naquîmes le 1 juin 1874, et il est facile d'ajouter que les deux nais sances se produisirent près d'ici et dans une ville de Buenos-Aires. Il y a un monde pour chaque naître, et le pas naître n'a rien de personnel, mais signifie tout simplement que le monde n'est pas. Naître sans le trouver n'est pas possible : on n'a jamais vu un moi se retrouver sans monde à la naissance, ce qui m'induit à croire que c'est nous-mêmes qui apportons la Réalité qui s'y trouve, et qu'il n'en resterait rien si effectivement nous mourions, comme certains craignent. "
    Des faits plus concrets ? Macedonio fit des études de droit et, son doctorat obtenu, il n'exerça sa profession de juriste que pendant quelques années. Il s'est marié très jeune, sa femme lui donnant quatre enfants : devenu veuf, en 1920, il les confia à sa famille. Ne disposant que de notions d'anglais, il entretint cependant une correspondance assez nourrie avec William James _ l'une de ses marottes étant, à l'époque, la possibilité de dévoiler, dans les labyrinthes de la matière, le " substrat atomique du Moi ". Enfin, il vécut presque toute sa vie dans de modestes pensions, soit dans la capitale, soit en province, en la seule compagnie de sa guitare et de quelques cahiers que, une fois remplis de ses méditations, il s'empressait d'abandonner derrière lui lorsqu'il changeait de domicile, puisqu'il soutenait _ Borges le lui entendit dire _ que supposer que l'on peut perdre quelque chose est de l'orgueil, l'esprit humain étant si pauvre qu'il est condamné à trouver, perdre et redécouvrir toujours les mêmes perplexités et les mêmes métaphores. Or, en dépit de ce réel détachement à l'égard de sa littérature _ qui touche aussi bien à l'essai qu'à la poésie et au roman ou, plutôt, et avant la lettre, à l'anti-roman, _ son oeuvre complète, dont la publication ne commença que plus de vingt ans après sa mort, compte une dizaine de volumes.
    A leur sujet, il convient tout de suite d'observer que pas un des titres qui les composent ne saurait donner en lui-même une idée exacte du génie de Macedonio _ peut-être parce que Dieu lui avait donné tout juste du génie, négligeant de lui accorder du talent et l'ambition de faire une oeuvre.
    Ainsi, et bien que depuis fort longtemps des universitaires européens et américains se penchent sur son " cas ", l'étonnant Argentin n'était traduit que de façon très fragmentaire _ en français, en anglais, en allemand, en italien, en polonais... _ avant que Silvia Baron Supervielle ne propose, hier, les poèmes d'Elena Bellemort et autres textes (José Corti, 1990), et, aujourd'hui, ces Papiers de Nouveauvenu. Et, soit dit par parenthèse, on ne saurait assez vanter le labeur intrépide de la traductrice, si l'on songe à la véritable guerre que, par moments, se livrent le français et la langue de Macedonio, lequel passa sa vie à se méfier des vérités acquises : à imaginer l'envers du monde tel que le langage l'a forgé.
    Cela le poussait à abonder en paradoxes _ ce rire de la pensée, cette écume au sommet de la vague de la philosophie. De sorte que si l'on essaye d'isoler, dans ses pages scrupuleusement illogiques, des assertions, celles-ci paraissent se réduire à de simples plaisanteries. Et pourtant, on n'est pas loin des jeux de mots _ des " nonsense " si chargés de sens _ d'un Lewis Carroll quand, par exemple, à propos d'une salle de conférences désertée par le public, Macedonio insinue que s'il y avait eu encore un absent, il n'aurait pas trouvé de place. Ou, dans le cas contraire, que l'assistance était si grande que même les non-présents s'y trouvaient.
    Aussi, lorsque, en parlant d'un ami de très haute taille, il le décrit " si grand que sa tête pourrait buter contre son chapeau ", ajoutant qu'" il atteint le sol avec les pieds ", et que c'est là que commencent leur amitié et la possibilité de se comprendre.
    Il détestait les monuments publics parce que, dit-il, ils représentent presque toujours " des hommes portant un pardessus grec ou une ample lévite en marbre ", tout en soutenant que chaque ville se doit de posséder une statue en l'honneur de l'inventeur du côté droit et du côté gauche, de ceux de l'avers et du revers, " distinction à laquelle seuls les trous se dérobent ". N'oublions pas qu'il conseillait de ne rien entreprendre aujourd'hui, " car l'avenir est plein de choses prêtes, tellement préférables, et doit d'ores et déjà se trouver très proche, après tant de Passé "...
    Mais, sur un mode plus grave, Macedonio observe que toute situation ressentie, " pour insignifiante en durée ou en intensité qu'elle soit, représente la totalité de l'interrogation de la métaphysique ". Ce qui n'est pas sans rappeler Wilde, selon lequel, à chaque instant de sa vie, chaque homme est tout ce qu'il a été et tout ce qu'il sera.
    Enfin, au sujet d'une personne inconnue dont il feignait de rédiger l'impossible biographie, Macedonio disait que, de savoir qu'il fût possible d'ignorer autre chose d'elle, il ne consentirait pas à ce qu'on le dépasse dans l'ignorance qu'il avait patiemment accumulée à son sujet, ni dans la promptitude à la diffuser...
    C'est ce sentiment d'ignorance, mais, en l'occurrence, involontaire et sans allégresse, que le chroniqueur partage, ici, alors qu'il aurait tant souhaité donner un aperçu de l'oeuvre de Macedonio Fernandez, susceptible d'entraîner le lecteur à la découverte d'un écrivain entre tous rare, entre tous solitaire : d'un Grec arrivé trop tard en ce monde _ les astres ayant parfois de ces distractions, _ qui aurait manqué d'interlocuteurs pour empêcher la dispersion de ses soliloques.
    D'un homme qui, seul avec lui-même, et tout en répugnant de se sentir quelqu'un, un monsieur muni de papiers d'identité, ne tenait qu'à être " soi ". Et qui, comme Monsieur Teste _ mais légèrement plus réel que ce personnage fait de mots, et avec une sorte de bonheur négligent, _ s'obstinait, en jouant de la guitare, dans les longues tenues sur les cordes, à répéter, à marteler les quelques questions qui auront toujours hanté l'esprit des poètes, des philosophes : la réalité, l'être et le non-être, le langage, l'origine des sentiments, le sens de la souffrance dans l'économie du monde... Sans attendre la récompense d'une réponse : pour le plaisir socratique de penser.

BIANCIOTTI HECTOR 

source:
www.alapage.com


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:16 (2018)    Sujet du message: macedonio fernandez

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas Index du Forum -> ce qui restait à dire sur les ecrivains de las americas -> macedonio fernandez Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | Creer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB
Appalachia Theme © 2002 Droshi's Island
Traduction par : phpBB-fr.com
Designed & images by Kooky