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Arturo USLAR PIETRI

 
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:00 (2009)    Sujet du message: Arturo USLAR PIETRI Répondre en citant

 
 
 
 
 
Né à Caracas (1906-2001), il publie très tôt des nouvelles dans des magazines pour la jeunesse et entreprend des études en sciences politiques avant de devenir au début des années 30 membre de la délégation diplomatique du Vénézuela à Paris où il se lie avec d'autres futurs grands écrivains sud-américains comme Alejo Carpentier ou Miguel Angel Asturias. Il écrit durant son séjour à Paris un roman historique sur la guerre de libération de Simon Bolivar intitulé Les lanzas coloradas, publié en espagnol en 1931 (en français en 1932). 
Rentré dans son pays, il entreprend, à partir de 1935, une carrière politique en publiant des essais sur l'utilisation des revenus du pétrole et sur l'éducation. Il sera député sénateur, ministre et même candidat à la présidence de la République en 1963. Il poursuivra ses publications et ses activités politiques en s'opposant dans les dernières années de sa vie au président Chavez. 
Il assurera longtemps la direction du journal El Nacional avant de devenir ambassadeur près de l'UNESCO à Paris. Ses essais, poèmes et fictions romanesques qui lui vaudront de nombreuses récompenses, comme les prix Prince des Asturies et Miguel Cervantès en Espagne ou le prix Maria Moors Cabot aux États-Unis. 
Ses œuvres ont été peu traduites en français, et on doit aux éditions "Critérion" la publication récente de certains de ses plus grands textes : Insurgés et Visionnaires de l'Amérique latine en 1995, Les vainqueurs et autres nouvelles en 1995, Le chemin de l'Eldorado en 1997 (l'oeuvre évoque l'équipée du conquistador Lope de Aguirre qu'a portée au cinéma Werner Herzog en 1972 avec Klaus Kinski). Les éditions "Passe le vent" publieront en 1986 un recueil de poèmes L'Homme que je deviens. 
 

 
oeuvres en espagnol: 
  • Barrabas y otros relatos (1928) (cuentos)  
  • Las Lanzas Coloradas (1931) (novela)  
  • Red (1936)  
  • Las visiones del camino (1945)  
  • Sumario de economía venezolana para alivio de estudiantes (1945)  
  • El camino de El Dorado (1947) (novela)  
  • Letras y hombres de Venezuela (1948)  
  • De una a otra Venezuela (1949)  
  • Treinta hombres y sus sombras (1949) (cuentos)  
  • Las nubes (1951)  
  • Apuntes para retratos (1952)  
  • Tierra venezolana (1953)  
  • Tiempo de contar (1954)  
  • El otoño en Europa (1954)  
  • Pizarrón (1955)  
  • Valores humanos. Charlas por televisión. Tomo I (1955)  
  • Breve historia de la novela hispanoamericana (1955)  
  • Valores humanos. Charlas por televisión. Tomo II (1956)  
  • Valores humanos. Charlas por televisión. Tomo III (1958)  
  • Teatro. El día de Antero Alban. La Tebaida. El Dios invisible. La fuga de Miranda. (1958)  
  • Valores humanos. Biografías y evocaciones (1964)  
  • La palabra compartida. Discursos en el Parlamento (1959-1963) (1964)  
  • Estación de máscaras. El laberinto de fortuna (1964) (novela)  
  • Hacia el humanismo democrático (1965)  
  • Pasos y pasajeros (1966) (cuentos)  
  • Petróleo de vida o muerte (1966)  
  • La lluvia y otros cuentos (1967) (cuentos)  
  • Oraciones para despertar (1967)  
  • Las vacas gordas y las vacas flacas (1968)  
  • En busca del nuevo mundo (1969)  
  • Treinta cuentos (Antología) (1969)  
  • La vuelta al mundo en diez trancos (1971)  
  • Vista desde un punto (1971)  
  • Bolivariana (1972)  
  • Manoa: 1932-1972 (1973)  
  • La otra América (1974)  
  • Camino de cuento (1975)  
  • El globo de colores (1975)  
  • Viva voz (1975)  
  • Oficio de difuntos (1976) (novela)  
  • El prójimo y otros cuentos (1978)  
  • Fantasmas de dos mundos (1979)  
  • Los ganadores (1980)  
  • Cuéntame a Venezuela (1981)  
  • Educar para Venezuela (1981)  
  • La isla de Robinson (1981)  
  • Fachas, fechas y fichas (1982)  
  • Bolívar hoy (1983)  
  • Venezuela en el petróleo (1984)  
  • Medio milenio de Venezuela (1986)  
  • Raíces venezolanas (1986)  
  • Bello el venezolano (1986)  
  • Godos, insurgentes y visionarios (1986)  
  • El hombre que voy siendo (1986)  
  • La visita en el tiempo (1990) (novela) (Ganadora del Premio Rómulo Gallegos, 1992)  
  • La creación del Nuevo Mundo (1990)  
  • Golpe y Estado en Venezuela (1992)  
  • Del cerro de plata al camino extraviado (1994)  
Romans 
  • El laberinto de fortuna. Un retrato en la geografía, Buenos Aires: Losada, 1962.  
  • El laberinto de fortuna. Estación de máscaras, Buenos Aires: Losada, 1962.  
Theatre 
  • Chuo Gil y las tejedoras. Drama en un preludio y siete tiempos, Caracas: Tipografía Vargas, 1960.  

Essais 
  • Materiales para la construcción de Venezuela, Caracas: Ediciones Orinoco, 1959.  
  • La ciudad de nadie. El otoño en Europa. Un turista en el cercano oriente, Buenos Aires: Editorial Losada, 1960.  
  • Del hacer y deshacer de Venezuela, Caracas, Ateneo de Caracas, 1962.  


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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:00 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:08 (2009)    Sujet du message: Arturo USLAR PIETRI Répondre en citant

Les vainqueurs et autres nouvelles
de Arturo Uslar Pietri (Auteur 
 
 
 
 
 
[*]Éditeur : Critérion [*]Genre : ROMAN CONTEMPORAIN [*]Présentation : Broché [*]Date de parution : 01/02/1995
Quatorze nouvelles qui puisent dans l'histoire et la culture du Venezuela. L'itinéraire se fait à rebours: de l'époque des dictateurs et caudillos à celle de la guerre d'indépendance (1811-1823), et même avant. L'oeuvre principale de l'auteur, romancier, diplomate et homme politique, est une fresque historique intitulée "Les lances rouges" (Gallimard, 1948). Préface soignée de portée générale, p. 7-31.


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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:13 (2009)    Sujet du message: Arturo USLAR PIETRI Répondre en citant

 
Les Lances rouges
 
 
 
 
 
 
Poche - Broché Paru le
: 12/02/1999

Editeur
: Serpent à plumes (Le)

Collection
: Motifs

 
 
 
Bolivar ! Bolivar le libérateur, le conquérant ! Au début du siècle dernier, le Venezuela, inspiré par l'exemple de la Révolution française, se révolte contre ses maîtres espagnols.
Mais cette indépendance se conquérera dans le sang, jetant face à face deux armées sans pitié, insurgés contre royalistes. La guerre d'Indépendance est le sujet de ce livre du grand romancier vénézuélien, Arturo Uslar Pietri. Il nous entraîne dans une épopée flamboyante, son écriture ample et généreuse témoignant avec force de la lutte d'un peuple pour sa liberté.  

 


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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:16 (2009)    Sujet du message: Arturo USLAR PIETRI Répondre en citant

HOMMAGE À ARTURO USLAR PIETRI

Par Philippe Dessommes-Florez,
Universitaire (Lyon-France)

Paris, 26 mars 2001

La destinée éditoriale de la création et de la pensée uslariennes dans ce pays devrait conduire les éditeurs à un retour sur eux-mêmes.

Si l'on excepte la publication de quelques articles, d'une ou deux nouvelles dans une anthologie, une revue ou un journal, ont été publiés en traduction française les ouvrages suivants :

Les Lances rouges, roman traduit par Jean Cassou et publié en 1932 par Gallimard, une année après sa parution en espagnol. Le serpent à plumes en a repris le texte dans sa collection Motifs, en 1999.

Rien, donc, entre 1933 et 1995.

Les éditions de l'Unesco et Criterion décident cette année-là de publier une anthologie intitulée Les vainqueurs, qui couvre un demi-siècle d'écriture et présente, autour d'un voyage à rebours dans l'histoire vénézuélienne, des nouvelles tirées de Red (1936), Treinta hombres y sus sombras (1949), Pasos y pasajeros (1966), et Los ganadores (1980).

Puis Criterion publie, moins d'un an plus tard, Insurgés et visionnaires d'Amérique latine, synthèse partielle de la pensée uslarienne, centrée sur les rapports de l'Amérique latine à son histoire, à l'Europe, à la littérature, à la politique.

En 1997, Criterion publie, exactement cinquante ans après sa parution en espagnol, Le chemin de l'Eldorado, roman qui évoque l'épopée d'Aguirre et de ses marañones depuis leur départ de la vice-royauté du Pérou jusqu'à la mort du tyran dans la région de Barquisimeto.

L'arrêt de la collection étrangère de Criterion a laissé de nouveau l'œuvre en prose d'Uslar sans éditeur.

Dans le domaine de la poésie, les éditions Voix d'encre ont publié en 1997 une traduction de "Escritura", poème inclus dans El hombre que voy siendo en 1986, consacré à des réalisations abstraites et cinétiques du sculpteur Jesús Soto.

Le jeune éditeur la passe du vent s'apprête à publier, ce mois de mai, une traduction intégrale du recueil de poèmes El hombre que voy siendo, tandis que la Tribune Internationale des Langues Vivantes publie, ces jours-ci, "Grabados Japoneses" (1971), série très autonome de ce recueil au ton plus intimiste qu'est Manoa (1972).

Les raisons de ce silence imposé, plus soixante ans durant, par de l'édition française me demeurent en partie incompréhensibles.

Don Arturo s'en désolait, son œuvre étant accessible dans une douzaine d'autres langues, et il me déclarait dans une lettre d'avril 1985: "Il y a eu une sorte d'ignorance planifiée qui trouve peut-être l'une de ses explications dans le rôle prépondérant qu'ont obtenu dans les comités de lecture des grands éditeurs français les hommes d'extrême gauche".

Sans doute conviendrait-il de nuancer un tel jugement dans ce qu'il a de trop précis. Je ne puis toutefois m'empêcher de reprendre ici l'analyse concernant la littérature engagée qu'Uslar nous a livrée en 1994 dans Del Cerro de Plata a los caminos extraviados à propos de "La servitude politique des écrivains", et plus généralement des intellectuels de son temps. Selon lui, à partir des années 30, se fit jour
"un faux dilemme, qui devait pourtant marquer toute l'activité intellectuelle de cette époque : l'on était fasciste ou anti-fasciste, et la seule manière acceptable et efficace d'être anti-fasciste consistait à se mettre au service des mécanismes que la Révolution russe avait enclenchés.
On escamotait ainsi la véritable alternative, qui n'était en aucun cas entre dictature brune fasciste et dictature rouge communiste, mais bien entre les régimes totalitaires, incompatibles avec la reconnaissance de la plus élémentaire des libertés, et la possibilité d'exercer, en dehors de toute allégeance politique, une pensée libre et créatrice."


A l'aulne d'un tel critère, on juge aisément de la faveur dont jouirent auprès des éditeurs parisiens ses deux amis de longue date, Alejo Carpentier et Miguel Angel Asturias, et de la disgrâce où on le tint, lui qui suspendit son activité d'écrivain pour tenter, une fois mort Juan Vicente Gómez, de donner le coup de grâce au "gomécisme", notamment sous Medina Angarita.

Plus que l'ambiguïté de la gestion politique de López Contreras, "permettant tour à tour - selon les termes de Frédérique Langue - l'éclosion des partis politiques et exigeant leur dissolution et l'exil de leurs dirigeants, prétendant moderniser le pays sans s'attaquer à des problèmes de fond et au retard de certains secteurs de l'économie", il eût fallu reconnaître le fondateur de l'Ecole de Sciences Economiques de l'Université Centrale du Venezuela.

Plus que l'insuffisance des réformes politiques et électorales menées par les gouvernements de Medina, et plus que la bannière du Parti Démocratique Vénézuélien sous laquelle Uslar se rangea momentanément, il eût fallu apprécier l'humanisme de l'entreprise et du propos d'adhérents tels que lui ou Mariano Picón-Salas.

Les étiquetages parisiens préférèrent alors les écrivains de gauche emprisonnés ou exilés pour faits d'opposition au pouvoir en place, et non pour participation à un gouvernement réformiste renversé. Le parti fut pris pour longtemps. Dans les grandes maisons, les partis pris se conservent et se transmettent.

Bien entendu, je ne suis pas naïf au point de croire que l'idéologie suffit à expliquer le sort réservé ici à l'œuvre de Uslar Pietri. Si nous songeons au culte du consommable qui anime souvent nos démarches culturelles, nous ne pouvons que rendre hommage au courage éditorial de Criterion d'avoir publié Le chemin de l'Eldorado un demi-siècle "après".

Et comment saurions-nous protester devant cet extraordinaire paradoxe d'insolidarité militante formulé par un écrivain latino-américain reconnu, en charge de collection chez un grand éditeur, répondant en 1990 à ma proposition de traduire La visita en el tiempo, qui obtenait peu après le prix Rómulo Gallegos :

"Il va de soi que nous n'avons plus à ajouter un adjectif supplémentaire à l'œuvre de USLAR PIETRI, qui est un des plus connus et un des plus remarquables auteurs de l'Amérique d'aujourd'hui.

Ce livre "La visita en el tiempo" vient clore un cycle qui a débuté par "Las lanzas coloradas" et "El camino de Eldorado". En ce qui nous concerne, et étant donnée l'importance de cette œuvre, nous ne pouvons envisager de la faire connaître ou reconnaître en France.

L'idéal serait qu'elle paraisse dans sa totalité chez un éditeur qui puisse l'accompagner d'un essai critique pour la mieux faire connaître aux lecteurs.

Avec nos regrets, etc."
 
 
AUP ne vivait pas véritablement en phase avec les Vénézuéliens mais, étant le dernier d'une lignée d'humanistes entamée avec Andrés Bello, il les fascinait et ils acceptaient que, si différent d'eux-mêmes, il pût leur servir de conscience.

Il y a donc chez Uslar, en raison des circonstances dramatiques de la vie nationale, le développement d'une dimension politique des plus nobles -que ne laissait pas prévoir son appétence personnelle- qui se justifie par la souffrance de voir son pays sur la mauvaise voie, et qui ne tient pas au premier chef à sa participation effective à la vie publique.

Entendons-nous: la hauteur de vues dont il fait preuve dans ce cabotage national que sont ses articles de Pizarrón et ses émissions Valores Humanos se nourrit d'une réflexion au long cours sur l'histoire, beaucoup plus lente et approfondie, qui le conduit à dénoncer la falsification des vérités fondamentales qui régissent la vie du pays.

Par ailleurs, le produit le plus achevé de cette réflexion trouve son expression dans l'essai et le roman.

Mais avant d'en venir à de très brèves réflexions sur le roman uslarien, nous aimerions, pour montrer la complémentarité des propos et des genres chez cet écrivain rappeler que, selon nous, deux préoccupations essentielles courent parallèlement l'une à l'autre dans son œuvre :

- la première est d'ouvrir une voie émancipatrice dans l'expression littéraire dès les années 1926-1928. Cette voie ne prétend pas subvertir le réel, mais plutôt le comprendre dans toute son ampleur, établir au moyen de la fiction des liens suffisamment étroits pour établir un dialogue avec ses compatriotes, rapprocher le temps mythique du passé et des consejas du présent quotidien.

Cette infra-histoire se nourrit de mythes, de croyances, de mémoire collective d'une manière si constante que lorsqu'il fut question d'une anthologie de nouvelles à publier sous la direction littéraire de Ghislain Ripault pour Criterion, nous parvînmes aisément, Don Arturo et moi-même, à puiser dans quatre recueils et un demi-siècle de création littéraire pour proposer au public français un carottage représentatif depuis le temps présent jusqu'aux mythes fondateurs des indiens Kamarokotos.

Uslar Pietri est de ces écrivains qui ont travaillé à l'émancipation des Lettres vénézuéliennes. Plusieurs de ses nouvelles ( La lluvia, El fuego fatuo) en font un fondateur du "réalisme magique".

D'un point de vue littéraire, l'évolution de Uslar n'a jamais été complaisante. Mais son écriture a rapidement atteint un classicisme et une maturité orientés à la fois vers la délimitation d'un espace cognitif adapté à son public naturel, et vers une compréhension de ce que la crise intérieure de l'individu peut revêtir d'universel qui ne se départit pas d'un sens du possible, d'un désenchantement croissant, étranger à toute visée moralisatrice.

Dans un numéro de Imagen remontant à trois ans, environ, Domingo Miliani présenta un dossier à caractère anthologique au titre éloquent: "Profecías del desastre". Le but avoué de Miliani était de contribuer à ce que ses compatriotes se connaissent eux-mêmes, et se construisent "une image pensée de leur pays".

Partant du bilan présent et d'une situation qu'il qualifie de désastreuse, il invite le lecteur à comprendre les raisons du décalage, grandissant depuis 1926 -année de la fondation de la Federación de Estudiantes de Venezuela- entre la nation et ses instances dirigeantes.

Selon lui, la gestion du pouvoir est positive si l'on en juge par la capacité de ses dirigeants à occuper les postes clefs, ou à y revenir. En revanche, celle de la nation est négative, car elle ne consiste qu'en une attente de solutions venues d'en haut.

Toutefois, les Vénézuéliens ont entamé, selon lui, un processus de récupération de la conscience collective de leur propre pouvoir, grâce à la réactivation d'une mémoire historique.

Dans ce processus, les intellectuels jouent une rôle d'aiguilleurs de l'histoire, pour reprendre le mot de Mariano Picón-Salas. A la suite de ces considérations liminaires, Miliani proposait une anthologie d'essais indispensables à la compréhension du processus historique actuel, parmi lesquels figurent trois livres de Uslar : De una a otra Venezuela (1950), Materiales para la construcción de Venezuela (1959), et Del hacer y deshacer de Venezuela (1962).

Uslar ne s'est pas limité à une attitude compatissante, compréhensive face aux caractéristiques sociales, économiques et politiques de son pays. Il a tenté de les expliquer, de rechercher les causes agissantes de phénomènes constatables.

Or, il ne peut y avoir de visée explicative sans causalité, ni rapport de causalité en-dehors du temps, d'une notion de temps dépassant de beaucoup la durée d'une vie. La formule uslarienne: "Tous les hommes sont aussi vieux que l'humanité" est sans doute la meilleure incitation à établir un lien causal avec le passé antérieur à soi.

Uslar veut dire qu'en chaque homme ont sédimenté des composantes génétiques, culturelles, linguistiques etc. dont celui-ci a une conscience plus ou moins aiguë, et aussi que chaque homme doit les élucider pour savoir qui il est.

Cela équivaut à identifier le dilemme entre un temps immobile, totalisant, qui suppose une intentio, et un temps assimilable au mouvement et qui suppose l'éclatement du premier temps en mémoire, en attention, en anticipation, selon le schéma augustinien, et ce temps-là est une distentio.

Une telle élucidation, ce sens conféré au temps, ne peut se passer d'une représentation du temps, que précisément la littérature autorise.

L'économie narrative, la densité créative qu'implique la nouvelle, ce difficile maniement de la tension et du rythme s'inscrivent presque naturellement dans une démarche compréhensive, et marquent rituellement ce qui survit du passé ou existe dans les tensions présentes du lecteur, sans qu'il soit besoin d'une explication causale de ce qui est narré.

A ce titre, nous pourrions dire que le temps de la nouvelle est doublement fictif : il est une imitation possible, ou plausible, ou conjecturale d'une époque donnée, mais la définition exacte de cette époque n'a rien d'obligatoire, ce qui fait de la nouvelle une imitation rituelle, valable à n'importe quel segment du temps, puisque son temps est immobile et totalisant.


Le roman uslarien, quant à lui, permet la prise de possession du temps qui court, la reconnaissance du temps historique dans un projet continu d'une grande cohérence, depuis Las lanzas coloradas jusqu'à La visita en el tiempo. Après la publication de El camino de Eldorado, Uslar Pietri écrivait :

"Ce que, dans l'obscurité du langage e tous les jours nous appelons l'événement, ce qui se produit, ce qui se passe, constitue le thème central et pour ainsi dire unique de la fiction.

Il implique des choses multiples et concomitantes, ainsi que la traduction par les mots d'une certaine réalité, et d'une simulation que nous sommes dans le temps. Sans doute pour cette raison, dans tous les grands romans, on a l'impression que l'auteur ne sait pas très bien de quoi il parle, ou qu'il ne parvient qu'à grand peine à s'approcher de la vérité tapie au fond des personnes et des faits.

Etre dans le temps - autrement dit la condition humaine - c'est être dans le changement permanent, c'est être en train d'être et cesser d'être à chaque instant. Tout ce que l'auteur dit dans ce sens témoigne d'un temps, et peut-être, au sens le plus vrai, de deux temps : celui du récit et celui de l'auteur, et les deux se superposent ou se mêlent pour donner la riche temporalité dont est constitué la texture de l'œuvre narrative.

Cette simple et inévitable donnée - être dans le temps - fait de l'œuvre de fiction une tentative de fixer le temps. Tentative continuellement mise en échec par le temps lui-même."

 


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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 17:22 (2009)    Sujet du message: Arturo USLAR PIETRI Répondre en citant

source: http://www.voxlatina.com/vox_dsp2.php3?art=872

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