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Manuel Scorza

 
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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 13:51 (2009)    Sujet du message: Manuel Scorza Répondre en citant

 
 
 
Manuel Scorza est né à Lima le 9 septembre 1928. Après avoir passé quelques années à Acoria, département de Huancavelica, il revient à Lima pour terminer sa scolarité au Collège Militaire Leoncio Prado. En 1945 il entre à la Universidad Nacional Mayor de San Marcos y commence une étape de fébrile activité politique.En 1948, à 20 ans, Scorza se voit obligé de quitter le pays en tant qu'exilé. Ce furent des années d'apprentissage sous la rigueur. Elles laissèrent des traces indélébiles sur le jeune Manuel Scorza, mais il les transposera dans une poésie très expressive et pleine de force. De nombreux vers qui apparaîtront dans son premier poème, "Les Imprécations", sont le fruit du désarroi dans lequel est plongé l'exilé.

Le poète Mexicain Rubén Bonifáz Nuño se souvient de ces quelques années d'exil : "J'ai connu Manuel Scorza quand, éloigné de sa patrie, il trouvait dans la mienne ses forces et ses faiblesses. Nous étions des compagnons, dans la misère et dans la haine. Des frères avec ce sentiment de naufragés face à la mer, un sentiment qui nous faisait vieillir avant l'heure, qui blesse avec de profondes cicatrices dans l'âme attristée. Aujourd'hui, à ce seul souvenir, je comprends la signification de la plupart de ses mots et de sa vie".
Manuel Scorza ne revient pas aussitôt après la fin de la dictature, mais dix ans plus tard. Il obtient l'année de son retour au Pérou le Prix National de Poésie pour "Les Imprécations", son premier poème, publié à Mexico depuis trois ans.
Manuel Scorza commence une étape culturelle remarquable et absolument novatrice. Le romancier Cubain Alejo Carpentier dit de lui : "Ce Péruvien, préoccupé par la culture de son peuple el de toute l'Amérique, s'est attaché à cette tâche quelque peu risquée mais si enthousiasmante, celle de préparer le Premier Festival du Livre avec une sélection de dix mille volumes d'auteurs classiques américains. Les quinze milles collections en vente dans les kiosques se trouvant à différents endroits de la capitale seront épuisés en moins d'une semaine".
L'expérience sera répétée avec le même succès en Colombie, au Venezuela et à Cuba. Elle consiste à éditer à bas prix des ouvrages pour les vendre en évitant les intermédiaires. Manuel Scorza est désormais un auteur populaire.

C'est dans son oeuvre narrative, cependant, que Manuel Scorza trouve l'espace idéal pour s'exprimer sur les problèmes sociaux du Pérou. Son premier roman, "Roulement de tambour pour Rancas" (Redoble por Rancas), fait partie d'un cycle appelé la "Ballade" (également nommé la "Guerre Silencieuse") où, à partir d'une vision très poétique qui mêle les mythes ancestraux et l'histoire, Manuel Scorza expose la vieille lutte des paysans pour récupérer leurs terres.
Les autres romans qui composent ce cycle, "Histoire de Garabombo l'Invisible" (1972), "Le Cavalier Insomniaque" (El Jinete Insomne, 1977), "Chant de Agapito Robles" (Cantar de Agapito Robles, 1977) et "La Tombe de l'Eclair" (Tumba del Relámpago), continuent d'unir le réalisme social à la fantaisie poétique.
Cette série de romans, traduite en plus de 40 langues, constitue une collection d'oeuvres parmi les plus diffusées et reconnues de la littérature péruvienne de ce siècle.

En 1968, en plein milieu des luttes paysannes dans les montagnes centrales, et à cause de sa participation active en faveur d'une politique indigéniste, Manuel Scorza est obligé d'abandonner une nouvelle fois son pays et part pour Paris.
Il est lecteur de littérature hispano-américaine à l'Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud. Il a emmené avec lui deux manuscrits, un recueil de poèmes et un roman : "La valse des reptiles" et "Roulement de tambour pour Rancas". Ils sont publiés en 1970. Le premier à Mexico, le second à Barcelone où il est finaliste du "Premio Internacional Planeta".
Manuel Scorza a cessé d'exister à 55 ans, au moment où son oeuvre est à son apogée. Il vient à peine de publier son dernier roman, "La Danse Immobile", qui correspond à une rupture radicale avec le cycle de "La Guerre Silencieuse".
A l'aube du 28 Novembre 1983, le Boeing 747 de la Compagnie Colombienne Avianca, qui s'apprête à atterrir sur l'aéroport de Barajas (Madrid), s'écrase mettant un terme à la vie d'un des plus importants poètes et romanciers péruviens de ce siècle.

Manuel SCORZA 
ROULEMENTS DE TAMBOURS POUR RANCAS  




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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 13:51 (2009)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 16:30 (2009)    Sujet du message: Manuel Scorza Répondre en citant

ROULEMENTS DE TAMBOURS POUR RANCAS
de : Manuel Scorza
 
 
 
Editeur(s) : Anne-Marie Métailié

Collection :
SUITES N°15
Genre : ROMAN CONTEMPORAIN
Date de Parution : 06/05/1998
 
Voici la chronique désespérément vraie d'un combat solitaire : celui que livrèrent, dans les Andes centrales, entre 1950 et 1962, les hommes de quelques villages visibles seulement sur cartes d'état-major des troupes qui les rasèrent. Les paysans de Rancas tentent de s'opposer aux menées de la Cerro de Pasco Corporation, une société minière américaine qui veut clôturer un million d'hectares pour élever le bétail de sa section agricole.La très grande originalité de Scorza c'est le ton résolument parodique, humoristique, qui fait intervenir le fantastique pour mieux souligner l'implacable réalisme de ses narrations.
 
Critique de
 
Le 04 Juillet 1998
Epopée de la pampa
   Il faut saluer la réédition en « semi-poche » de ce livre et espérer que les autres romans qui composent le cycle de « La Guerre silencieuse », cette saga des luttes des paysans andins des années 50 et 60 au Pérou, vont suivre. Dans sa préface, Manuel Scorza (mort dans un accident d'avion à Madrid en 1983) disait : « Plus qu'un romancier, l'auteur est un témoin. » Et Hubert Juin ajoutait : « Rien ici n'est d'invention : mais tout y est imaginaire » (« Le Monde des livres » du 16 novembre 1979).
    Manuel Scorza utilise son amour de la langue, son imagination fiévreuse et révoltée pour rédiger cette chronique, cette ballade, cette chanson de geste, cette épopée, ce roman- réquisitoire, ce roman de lutte « indigéniste », ce roman rêvé, ce roman bariolé de cette région de Cerro de Pasco qu'il connaît bien : il y a pris la défense des Indiens en tant que secrétaire général du Mouvement communautaire du Pérou avant d'être arrêté, puis expulsé.
    Tout commence par un serpent de fils barbelés qui, à la stupéfaction ironique des villageois, va cerner une colline pelée et qui s'allonge et s'allonge démesurément jusqu'à dévorer la pampa : « Neuf coteaux, cinquante pâturages, cinq lagunes, quatorze sources, onze cavernes, trois fleuves si puissants qu'ils ne gelaient même pas en hiver, cinq villages, cinq cimetières furent avalés en quinze jours par la clôture. » Privés d'eau et de pâturages, les troupeaux déjà faméliques sont décimés. Les villages sont parfois coupés en deux. Les habitants fuient ou meurent, de faim et de soif.
    Mais les paysans, perpétuellement pris entre « le courage et la peur », ces crève-la-faim « toujours prêts à patienter durant des heures, des jours, des semaines, des mois », vont se mobiliser et utiliser leur rage, leur ruse, leur force et les pouvoirs magiques dont certains sont investis pour se défendre contre les riches et les puissants, les propriétaires, les fonctionnaires et la société minière, la Cerro de Pasco Corporation, qui a fait ériger la clôture.
    Chapitre après chapitre, l'action se déploie comme les anneaux du serpent, les personnages prennent corps et âme, deux figures se détachent, celle du juge et propriétaire terrien, le docteur Monténégro, dans son habit noir, et face à lui Hector Chacón, l'Indien, surnommé le Nyctalope et qui a décidé de le tuer. Don Francisco Monténégro est un impitoyable bouffon, tellement craint que lorsqu'il laisse par mégarde tomber une pièce d'or sur le sol, personne ne se risque à la ramasser. Tellement imbu de lui-même qu'il ne supporte pas de voir un autre que lui remporter les précieux moutons d'Australie, offerts un jour lors d'une mirifique tombola, et qu'il fait en sorte que les organisateurs trichent pour qu'il remporte tous les lots. Et de la même façon, il gagne les courses de chevaux. Face à lui, le Nyctalope n'a pas grand-chose, quelques amis prêts à l'aider, ses fils, la mémoire de son père qu'il a vu humilié et réduit en esclavage dans son enfance, et ce don de voir la nuit.
    Bien sûr, le combat est perdu d'avance. Bien sûr. Mais Manuel Scorza ne joue pas sur le ton du cauchemar, ni du misérabilisme. En poète magicien, il fait surgir des fleurs, des oiseaux, des arbres qui se déplacent ; conteur, il relate les prédictions étonnantes mais justes d'un rêveur, les tribulations des comuneros qui, pour tenter d'obtenir justice, érigent une pyramide de brebis égorgées devant une préfecture si fragile qu'elle risque de s'effondrer, ou les couleurs étranges que prennent les corps et les visages des hommes et des femmes proches de la mine et de ses fumées, ou encore la mort « par infarctus collectif » de quelques esprits courageux qui, de retour du service militaire, avaient voulu créer un syndicat ; témoin, il ne dit rien d'autre que la vérité et n'a pas changé les noms des personnages réels de ses histoires.D'ailleurs, à la suite du succès des Roulements de tambours pour Rancas, Hector Chacón a été libéré, après onze ans de prison.
   

MARTINE SILBER 
 



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MessagePosté le: Dim 8 Fév - 16:35 (2009)    Sujet du message: Manuel Scorza Répondre en citant

les livres ci-dessous sont actuellement epuisés, mais j'espère que les editions métailié vont les rééditer !




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